Pour la médecine traditionnelle chinoise (MTC), il n’y pas de séparation entre le corps et l’esprit. Les émotions sont en fait considérées comme une des causes internes des maladies, par opposition aux causes externes que sont les facteurs climatiques. Ainsi s’explique-t-on que devant un même événement, tel individu pourra ressentir de l’anxiété alors qu’un autre pas du tout. C’est là un signe que les émotions sont une réponse bien personnelle, intérieure, à distinguer des stimuli de l’environnement. Dans cette logique, un déséquilibre émotionnel pourra à long terme occasionner des problèmes physiques. À cet égard, la MTC a donc été plus avant-gardiste que la médecine occidentale qui commence tout juste à reconnaître l’impact du stress sur le développement de certaines maladies.

Conformément à la théorie des cinq éléments, la MTC pousse un peu plus loin cette idée en associant des émotions précises à des organes ou sphères organiques qu’elles sont susceptibles d’affecter particulièrement. Bien sûr, il est normal et même sain de ressentir des émotions. C’est l’excès ou le refoulement de ces dernières qui est ici considéré comme pathogène.

Par exemple, une très grande peur pourra affecter la sphère du Rein et se traduire par de l’incontinence urinaire. En ce sens, il est très cohérent que le Rein de la MTC englobe aussi les surrénales, ces glandes qui sécrètent des hormones comme le cortisol, l’hormone du stress, et l’adrénaline, qui nous fait réagir face au danger.

La colère et l’irritabilité sont les émotions du Foie et pourront ressurgir si une personne consomme trop d’aliments surchauffants pour cet organe-filtre tels que l’alcool ou les gras saturés. Pensons à ces bagarres survenant tard le soir dans les bars quand certains individus ont un peu trop bu.

La joie, quant à elle associée au Coeur, est une émotion très agréable. À l’excès, elle pourra se traduire par un état de surexcitation et d’hyperactivité susceptible, par exemple, d’entraîner des palpitations ou d’empêcher la personne de s’endormir.

La tristesse vécue sur une trop longue période pourra pour sa part affecter le Poumon, organe qui procure au corps de l’énergie via l’oxygène, ce qui se traduira par de la fatigue, de l’essoufflement, une voix faible, des rhumes fréquents…

Enfin, les soucis, qui comprennent des troubles de l’intellect comme les obsession, l’excès de réflexion et le surmenage intellectuel sont très courants dans notre société qui nous demande constamment de nous adapter à de nouvelles situations, de composer avec des problématiques familiales, financières ou professionnelles et de gérer des quantités énormes d’information. On les associe à la sphère digestive via la Rate/Pancréas, qui si elle est en déséquilibre, amènera la personne à nourrir des ruminations constantes (le syndrome du Hamster) voire à développer un déficit de l’attention. N’est-il pas intéressant de constater qu’un nombre croissant d’études pointent du doigt l’impact de certains aliments tels le gluten, les sucres raffinés et les colorants alimentaires dans l’émergence de troubles comme le TDA/H et l’autisme. « Que ton aliment soit ta seule médecine » disait Hippocrate. À méditer…

Bref, comme la MTC considère l’individu comme un tout indissociable, des affections comme l’anxiété, la dépression, le déficit de l’attention, l’hyperactivité… peuvent être soulagés par l’acupuncture. Pour traiter son patient, l’acupuncteur considérera l’état de santé général de son patient et pourra s’intéresser à sa digestion, son système immunitaire, l’état de son cycle menstruel, ses douleurs… Et il n’est pas impossible qu’il enrichisse son traitement de quelques conseils quant à l’hygiène de vie de ce dernier.

 

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